Talons aiguilles, jean usé

Mon but: devenir journaliste. Le détail de mon parcours, les embûches, les succès, les rencontres. Les coups durs, les coups bas, les coups de poing, les coups de poker : à la conquête d'un nouveau monde...

14 octobre 2006

La tête et le pied!

Quel bonheur ce métier!

Un jour dans un château sublime à sympathiser (ou à faire semblant) avec des descendants de Louis 14 et/ou des anoblis de dernière minute (cf: 2nd régime). La veille, essayer de comprendre le refus d'une directrice d'école de faire participer une mère voilée aux activités de la classe de sa fille.  Le lendemain, dialoguer avec des soldats première classe et un général 4 étoiles à propos de l''avenir de l'armée en France.  Le sur-lendemain, se faufiler dans les coulisses d'un opéra, assister à une représentation divine, et finir sur l'interview d'un chanteur italien tout aussi divin. Le sur-sur lendemain, informer sur les dommages collatéraux d'un Xième plan social, sans prendre parti, sans arriver avec ses a priori appris à la téloche et/ou chez les gauchistes hardos et/ou chez les droitiers de fortune...

Quel autre métier nous permet ça? Dans quel autre métier, peut-on passer d'un monde à l'autre, faire le pont entre des personnes qui ne se rencontreront malheureusement jamais? Dans quel autre métier on peut apprendre autant, tous les jours? Dans quel autre métier, on a comme consigne de toujours devoir se renouveler, comme ordre de ne pas s'ennuyer?

Je crois avoir de la chance. La chance de pouvoir me lancer dans une profession que j'ai choisi. Un truc, une passion. 
J'avoue que j'ai peur, de ne pas être à la hauteur; de ne pas toujours avoir le courage d'aller au bout de mes idées, de les défendre bec et ongle, au prix de la tranquilité de ma vie agréable de petite française qui s'habille chez H&M et mange des sushis une fois par semaine;  peur de m'assoupir dans ce que deviendront "les habitudes professionelles", de plus distinguer l'info-brouillard, de la vraie info à suivre, genre: "Poutine décoré de la plus haute insigne de l'Etat français, par son ami Chirac il y a deux semaines"... Peur de me faire prendre dans ce rythme effréné de l'info d'aujourd'hui, de pas avoir le temps de vérifier les sources, les faits, les chiffres, et de me retrouver comme un imbécile avec des erreurs lourdes de conséquences, et devoir expliquer que "z'é pô fais exeupré"...

serment

Je me rends compte des responsabilités d'un journaliste. J'en prends la mesure aujourd'hui, et je le souhaite pout longtemps. Putain de serment avec moi-même. En direct live avec vous.

A suivre.

Posté par maanolia à 22:57 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Cela fait quelques temps que je te lis au hasard de mes passages. C'est assez intéressant de découvrir quelqu'un qui a les mêmes interrogations que moi, à quelques années d'intervalle. J'ai 26 ans. A 20 ans, je suis rentré tête baissée dans le journalisme. D'abord presse écrite puis télévisuel.
J'avais la même passion que toi pour ce métier. Rencontrer des gens différents chaque jour, se prendre la tête pour ne pas se perdre dans l'information bidonnée, et j'en passe.
J'espère que tu n'auras pas de retour de boomerang comme j'ai pu le vivre. Bas toi pour tes idées, impose tes points de vue et si ta vie a toujours un sens dans quelques années, alors c'était que tu étais faite pour ce métier. Sûrement au détriment de toute vie extérieure, mais peu importe, la vie des autres sera ta raison de vivre.
De mon côté, je me suis rendu compte que je me perdais avec les autres. A force de parler des autres, je ne parlais plus de moi. J'étais peut-être trop égoïste pour cela.
Allez, plonge dans la vague journalistique, et oublie pas de respirer dès que tu peux. De toute façon, au vu de tes écrits, tu es très bien partie et je t'encourage dans cette voie...

Posté par Robby, 16 octobre 2006 à 13:24

On a tous peur mais qu'est-ce que c'est bon!

C'est ça être passionnée avec une pointe de réalisme, non? Vivre l'instant présent à fond et l'instant d'après se dire qu'on fait peut-être une erreur parce que notre passion nous mène tête baissée vers...vers quoi d'ailleurs?
Tu décris tellement bien le métier (que je n'ai pas la prétention de connaître)! Mais, en tout cas, cette sensation de pouvoir toucher, voir, admirer toutes formes d'expressions, toutes cultures, toutes différences! Un vrai caméléon!

Je t'envie en te voyant vivre ta passion mais c'est tellement beau! Alors continue à nous en fair voir de toutes les couleurs!

Au détour d'un reportage...;)

Une globetrotteuse qui trotte un peu trop...

Posté par Louloute, 17 octobre 2006 à 01:18

C'est pas grave. Faut faire confiance à la vie et faire ce qu'on aime. C'est extraordinaire la liberté d'expression, il faut s'y tenir. Il faut que tes idées te collent à la peau; tu es bien partie.

Posté par cambio, 17 octobre 2006 à 16:30

Pour pratiquer ce métier depuis près de 20 ans, je peux effectivement te confirmer sa variété (sujets à traiter, personnes rencontrées, etc.). Néanmoins, je n'encourage aucun jeune à suivre cette voie à moins d'avoir un soutien financier à côté(genre un deuxième salaire) pour vivre. Car il ne faut pas se voiler la face, c'est un métier de précaire, des piges à la volée, des mois avec, des mois sans... Je parle de tous ceux qui galèrent et non pas de ceux qui ont trouvé un nid douillet dans une rédaction. Ceux-là sont d'ailleurs de plus en plus rares vu l'état de la presse. Bref, je ne veux pas te démoraliser, mais aujourd'hui pour faire "journaliste" il faut non seulement avoir une motivation à toute épreuve, un moral d'acier et optimiste, mais aussi une "béquille" financière. Parce qu'avoir la foi dans ce métier et manger ses coquillettes le soir sans gruyère, ce n'est pas une vie...

Posté par Corinne, 05 novembre 2006 à 09:53

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